L’OCDE a publié le 8 septembre 2026 le premier volume des résultats de PISA 2025. Selon la note pays de l’OCDE, 6 501 élèves de 15 ans, répartis dans 289 établissements, ont passé les épreuves en France. Ils représentent environ 768 200 jeunes. La DEPP distingue parmi eux des élèves de troisième et de seconde, générale, technologique ou professionnelle.
Leurs scores moyens : 483 points en sciences, 456 en compréhension de l’écrit et 458 en mathématiques. La moyenne de l’OCDE se situe à 482, 461 et 463. Derrière cette moyenne, les scores français baissent depuis 2018 et l’écart entre élèves favorisés et défavorisés reste parmi les plus marqués de l’OCDE.
Une baisse qui se poursuit depuis 2018
Entre 2022 et 2025, le score français perd 18 points en lecture et 16 points en mathématiques, selon la note d’information 26.40 de la DEPP. Ces reculs s’ajoutent à ceux de 2018-2022 (19 points en lecture, 21 en mathématiques). La moyenne de l’OCDE baisse aussi, de 14 points en lecture et de 9 en mathématiques. En sciences, domaine majeur de 2025, la France reste stable.
L’OCDE estime qu’un élève de cet âge gagne une vingtaine de points par année de scolarité, tout en déconseillant de convertir un écart de score en années perdues.
La part d’élèves en difficulté, sous le niveau 2, atteint 33 % en lecture. Elle était de 15 % en 2000, de 21 % en 2018 et de 27 % en 2022. En mathématiques, elle passe de 29 % à 36 % en trois ans. À l’autre bout de l’échelle, 5 % des élèves français atteignent les niveaux 5 ou 6 en mathématiques, contre 8 % dans l’OCDE et 15 % en France en 2003.
La DEPP relève un signal cohérent en lecture : le test de positionnement de début de seconde baisse lui aussi depuis 2021. En mathématiques, ce même test connaît une légère hausse entre les rentrées 2021 et 2024. Les deux tests ne mesurent pas les mêmes compétences. Les élèves français déclarent aussi un effort de 6,4 sur 10 pendant le test, contre 7,2 dans l’OCDE, soit le niveau le plus bas de l’OCDE après le Luxembourg. La DEPP précise que cet effort déclaré reste peu corrélé à la performance.
Allemagne : un niveau proche, une orientation plus précoce
L’Allemagne obtient 486 en sciences, 465 en lecture et 464 en mathématiques. Son organisation diffère : dans presque tous les Länder, l’école primaire couvre les classes 1 à 4, puis les élèves se répartissent entre plusieurs types d’établissements secondaires. En France, le collège unique garde tous les élèves dans un tronc commun jusqu’à 15 ans et la première orientation intervient en fin de troisième.
L’écart social est plus large en Allemagne. Les élèves favorisés y devancent les défavorisés de 125 points en sciences, contre 100 en France et 85 dans l’OCDE. Le statut socio-économique rend compte, au sens statistique, de 19 % de la variation des scores allemands, de 13,5 % en France et de 11,6 % en moyenne.
La recherche sur l’orientation par filières apporte un éclairage. Une méta-analyse de Terrin et Triventi (2023), qui regroupe 53 analyses publiées entre 2000 et 2021, ne trouve pas d’effet significatif de l’orientation par filières sur le niveau moyen des élèves, mais constate qu’elle creuse les inégalités de résultats, de façon significative. Niveau de preuve : méta-analyse d’études aux protocoles variés, dont l’effet moyen ne décrit aucun pays en particulier. En France, le tronc commun jusqu’à 15 ans coexiste avec un écart social supérieur à la moyenne de l’OCDE.
Estonie : un haut niveau et un faible poids du milieu social
L’Estonie obtient 527 en sciences, 499 en lecture et 508 en mathématiques, et se place parmi les premiers pays européens, malgré une perte de 12 points en lecture depuis 2022. Son école de base (põhikool) accueille tous les élèves de la 1re à la 9e année, avant le choix entre lycée général et formation professionnelle. Sa structure ressemble à celle de la France, avec un tronc commun jusqu’à 15 ou 16 ans.
Les résultats sociaux diffèrent. L’écart entre élèves favorisés et défavorisés y atteint 68 points en sciences, et le milieu social explique 9,6 % de la variation des scores.
Seuls 26 % des élèves estoniens fréquentent un établissement qui interdit le téléphone portable, une proportion proche de la France (27 %). Les jeunes Estoniens déclarent aussi 4,6 heures d’écran de loisir par jour de classe, contre 3 heures en France.
Japon : le climat de classe
Le Japon obtient 538 en sciences, 503 en lecture et 525 en mathématiques ; 22 % de ses élèves atteignent les niveaux 5 ou 6 en mathématiques. L’écart le plus net avec la France porte sur le climat de discipline. Sur l’indice de l’OCDE, le Japon affiche 1,12, la moyenne de l’OCDE 0,14 et la France -0,12.
Du côté des élèves français, 47 % disent que le bruit et l’agitation perturbent la plupart ou la totalité des cours de sciences, contre 31 % dans l’OCDE. Ils sont 54 % à estimer que le professeur s’intéresse aux progrès de chaque élève, contre 69 % dans l’OCDE et 57 % en France en 2015. Le climat de discipline français progresse depuis 2015, alors que le soutien perçu des enseignants ne bouge pas.
La méta-analyse de Korpershoek et collègues (2016), portant sur 54 études d’intervention contrôlées, randomisées ou non, publiées de 2003 à 2013, trouve des effets modestes mais significatifs des programmes de gestion de classe (g = 0,22 en moyenne) sur les résultats scolaires et le comportement. Ces études concernent l’école primaire : rien ne garantit le même effet au lycée.
Les limites de PISA
Les échantillons PISA sont renouvelés à chaque cycle. Ces données transversales établissent des associations entre pays et entre élèves. L’OCDE écrit elle-même qu’aucune explication simple ne rend compte du recul. Elle avance plusieurs pistes complémentaires : lecture soutenue plus rare, usage intensif du numérique, absentéisme, soutien familial en baisse et séquelles de la pandémie. Les données ne permettent d’attribuer ces résultats à aucun facteur isolé, structure scolaire ou règle de discipline.
Pistes pour les équipes et les familles
Le téléphone portable. La loi du 3 août 2018 interdit son usage à l’école et au collège, et laisse chaque lycée décider dans son règlement intérieur. PISA interroge des élèves de 15 ans, dont une partie est déjà au lycée : cela aide à lire le chiffre de 27 % d’élèves français dans un établissement qui l’interdit, contre 49 % dans l’OCDE. Dans l’OCDE, les élèves de ces établissements signalent environ 13 % moins souvent des distractions numériques. En France, les élèves qui signalent ces distractions en cours de sciences obtiennent 24 points de moins que les autres, à profil social comparable, contre 11 points dans l’OCDE.
Le lien avec les familles. En 2025, 63 % des élèves français disent que leurs parents leur demandent au moins une fois par semaine ce qu’ils ont fait de leur journée à l’école, contre 74 % en 2022. Ils ne sont plus que 34 % à parler chaque semaine avec eux des difficultés rencontrées à l’école, contre 48 %. La méta-analyse de Hill et Tyson (2009) porte sur des corrélations issues de 50 études menées au collège : l’implication parentale y est associée à de meilleurs résultats, sauf l’aide aux devoirs. Le lien le plus fort concerne la « socialisation scolaire » : parler des attentes, des projets et de l’utilité de l’école. Pour un établissement, cela plaide pour des échanges avec les familles centrés sur les attentes et le projet de l’élève plutôt que sur le seul contrôle des devoirs.
Références
- OCDE (2026), PISA 2025 Results (Volume I): Future-Ready Students, Éditions OCDE, Paris. doi.org/10.1787/73451bc5-en (PDF)
- OCDE (2026), Résultats du PISA 2025 (Volume I) : note pays France. PDF
- DEPP (2026), PISA 2025 : les acquis des élèves de 15 ans en compréhension de l’écrit et en culture mathématique en baisse en France et dans l’OCDE, Note d’information n° 26.40. PDF
- Eurydice, France : overview. eurydice.eacea.ec.europa.eu
- Eurydice, Germany : overview. eurydice.eacea.ec.europa.eu
- Eurydice, Estonia : overview. eurydice.eacea.ec.europa.eu
- Loi n° 2018-698 du 3 août 2018 relative à l’encadrement de l’utilisation du téléphone portable dans les établissements d’enseignement scolaire. Légifrance
- Terrin, É. et Triventi, M. (2023). The Effect of School Tracking on Student Achievement and Inequality: A Meta-Analysis. Review of Educational Research, 93(2), 236-274. doi.org/10.3102/00346543221100850
- Korpershoek, H., Harms, T., de Boer, H., van Kuijk, M. et Doolaard, S. (2016). A Meta-Analysis of the Effects of Classroom Management Strategies and Classroom Management Programs on Students’ Academic, Behavioral, Emotional, and Motivational Outcomes. Review of Educational Research, 86(3), 643-680. doi.org/10.3102/0034654315626799
- Hill, N. E. et Tyson, D. F. (2009). Parental involvement in middle school: A meta-analytic assessment of the strategies that promote achievement. Developmental Psychology, 45(3), 740-763. doi.org/10.1037/a0015362